New York Dream

Le passage du rêve à la réalité n’a pas été possible. J’ai préféré rester dans le flou, dans l’illusion esthétique pour essayer de capter l’essence de ces paysages en m’arrachant à la violence du symbole. Cette série déstructure le signifiant pour laisser la place au subjectif quand l’objectif n’est pas acceptable, pour le partage, pour la planète, pour l’Homme. Le bougé volontaire m’est apparu comme une évidence pour faire surgir les verticales, la hauteur, les perspectives, comme subsiste une impression, après un rêve. Une manière de peindre une certaine réalité de New York, tout en rentrant dans ses contradictions et finalement en la détruisant par l’abstraction en fin de série. Le flou pour le photographe d’architecture, la ville pour le passionné de nature, Wall Street pour l’humaniste et une série qui tente d’exprimer les contradictions présentes en chacun de nous entre désir d’absolu et besoins immédiats. J’ai été fasciné et effrayé, entre rire et larmes, sans jamais être conscient d’être vraiment présent, comme dans un film, une photo, en tant que pur spectateur, de l’autre côté du miroir, dans la projection que j’en faisais et déjà dans le souvenir que j’en aurai. Une impression, une sensation, un rêve de New York.

© 2016 par Xavier Dumoulin